Une après-midi dans une ferme pédagogique à la Murette

C’était déjà il y’a quelques semaines, mais enfin, je vous raconte tout…

C’était une sortie organisée par le CE de mon homme. Nous sommes arrivés vers 14h et avons été accueillis par les enfants des exploitants. Ils étaient en chemin, car tombés en panne de voiture sur Grenoble. Comme il commençait à tomber quelques gouttes, nous nous sommes abrités sous un grand hangar dans lequel était garée une vieille Citroën Méhari. La tentation était trop forte et les enfants se sont tous empressés de monter dedans. Chacun son tour au poste de conduite, voilà notre 1ère séance photo à la ferme!

Un quart d’heure plus tard, il ne pleuvait plus et la directrice de l’exploitation était arrivée pour commencer la visite. Direction l’étable où sont installés une quarantaine de vaches.  Parmi elles, un taureau chargé de la reproduction. 2 races de vaches laitière étaient représentées. Les Tarines, originaires de Savoie, très belles; avec leur robe fauve et leurs lèvres, leurs naseaux, leur mufle et leurs grands yeux noirs, on dirait qu’elles sont maquillées.

L’autre race présente est la Holstein, internationale, c’est la race la plus spécialisée en production laitière, championne du monde en quantité de lait produit. C’est aussi la plus répandue en France, première vache laitière en nombre d’individus et en importance économique, au point que la vache blanche et noire est devenue l’archétype de la vache laitière, voire plus globalement de la vache en général.

Une fois passés outre les odeurs dérangeantes pour nous autres citadins, nous avons écouté la fermière nous raconter la vie de ses vaches. Et là c’est très triste. Je crois qu’elle m’a haïs avec toutes mes questions sur le bien-être animal… Toutes ses réponses tournaient autour de la rentabilité, elle nous à clairement dit qu’elles étaient son gagne pain et qu’il était impossible de penser à les laisser se reposer et ne pas gagner d’argent pendant ce temps là. Pour résumer, elles ont leur premier veau à l’âge de 3 ans, puis un tous les ans jusqu’à la fin de leur vie. Si elles sont stériles, ou qu’elles ne font plus de bébé, elles sont vendues (pour faire de la viande) et oui rentabilité jusqu’au bout. Idem quand elles ont atteint 15 ans et qu’elles sont trop vieilles. Pas d’année de repos, pas de retraite non plus… Si le bébé est un mâle, il est vendu dans la semaine suivant sa naissance. Les bébés sont arrachés à leur mère de suite après la mise bas. Hé oui, « vous comprenez, si on leur laisse quelque temps, après elles beuglent pendant des jours »… Elles n’allaitent pas non plus leur petit, sinon elles ne veulent plus donner leur lait… C’est ce qu’on appelle l’instinct maternelle. Mais de ça, la fermière n’en a que faire, tout ce qui compte c’est la quantité de lait que la vache lui donnera. Elle ne sortent pas de l’étable, soit disant que quand on leur ouvre, elles ne veulent pas descendre dans le champs en contrebas. En même temps, je vois mal comment elles pourraient descendre 4 m plus bas… Bref, elles sont condamnées à vivre jusqu’à leur mort dans cette étable, sans vraiment d’espace, avec juste de l’eau et de la nourriture. Elle nous expliquera qu’elles ne beuglent pas car elles sont bien… C’est à peine si on a le droit d’en douter! Elles ont les cornes coupées dès qu’elles ont leur premier petit, pour ne pas risquer de blesser le ventre ou les mamelles d’une autre vache… Cela leur coûterait encore bien trop d’argent… Non ce n’est pas simplement pour qu’elles ne se blessent pas!

On accroche parfois des anneaux autour des naseaux de certains veaux afin qu’ils ne puissent pas téter leurs congénères, ils abîmeraient leurs tétines…

Ensuite, le directeur de l’exploitation nous embarque dans la remorque de son tracteur pour faire le tour de ses terres. En effet, ils produisent la nourriture de leurs bêtes.

Nous nous arrêtons pour écouter la nature, sous de grands arbres. Il y a du vent et de jolis chants d’oiseaux.

Plus loin, nous allons donner des « bonbons » aux 2 chevaux, présents sans doute uniquement pour les visites. Elles ont lieu tous les jours, classes, colonies, CE… Une activité qui leur donne visiblement de bons compléments, en plus des nombreuses chambres d’hôtes qu’ils proposent. Les enfants pensaient donner des carottes aux chevaux, mais, selon le fermier, il est pauvre et c’est à la TV qu’on donne des carottes aux chevaux et aux lapins. Chez lui, ce sont de simples graines. Donc pour résumer, il donne de la nourriture de base comme gourmandise…

Nous continuons avec le champs de blé. Les enfants goûteront du blé (dur) et gagneront un épi à planter dans un pot. Épi, qui ne finira évidemment pas la fin de la balade…

Le tour est rigolo, mais trop long, les enfants commencent à en avoir assez, serrés comme des sardines que nous sommes, sur des bancs pour les mieux lotis d’entre nous et sur le rebord de la remorque pour les autres. Heureusement, nous rentrons à la ferme. Nous avons eu la chance de passer au travers des averses, sinon nous serions revenus trempés!

La fermière nous emmène visiter les clapiers des lapins. Elle en sort un, l’attrape par la peau du dos, comme il est d’usage, et le maintien sur elle le temps de ses explications. Un enfant tente de lui dire qu’elle lui fait mal. En réponse, elle lui demande s’il est un lapin pour savoir si ça fait mal… J’ai envi de lui demander si elle en est un pour savoir que ça ne lui fait pas mal… Il finira par la mordre! Je me suis retenue de rire, bien fait que c’était! Elle dira qu’il en a eu marre, ben oui!

Nous continuons avec le poulailler, où nous verrons poules, poules naines, coqs, dindons, canards et oies.

Elle nous montrera les différents oeufs qu’ils font. Le gros est celui de l’oie, le moyen de la poule, et les 2 petits ceux de la poule naine et du canard.

En ressortant, nous passons devant un très petit enclos pour une si grosse bête… Un cochon vietnamien. Il est là juste pour prendre des photos je pense…

La suite de la visite se passe avec le fermier, c’est la traite ludique des vaches. La partie que les enfants ont préféré je crois. Après quelques explications mon fils se porte volontaire pour essayer. Il a eu tout de suite le coup de main! Chaque enfant qui le souhaitait est passé.

Ensuite il nous a montré la traite automatisée.

Enfin, il a demandé qui était le plus courageux, Lili a levé la main, elle devait nous dire si le lait était chaud quand il sortait. Il lui a demandé de s’avancer, et d’ouvrir la bouche. Il lui a projeté du lait, dans la bouche et sur le visage! Elle ne s’y attendait pas et tout le monde a bien ri. Elle a dit que c’était dégoûtant. Tous les enfants y sont passés, mon fils a bien aimé…

Il a versé le lait dans un gros biberon que les grands ont donné aux 2 petits veaux.

Petit détour par la porcherie où le reste a été donné aux porcinets. Ils se sont jetés dessus et se bousculaient pour laper. Un enfant a dit « ils mangent comme des porcs »! ahaha!

La journée s’est terminée sous le soleil, par un copieux goûter préparé par la ferme, lait frais, faisselles, tartes et gâteaux. Nous avons partagé et emporté les restes dans du papier aluminium. Ce qui n’était pas tout à fait au goût de la fermière! Mais après tout, c’était payé et inclus dans le prix!

Avant de partir, nous avons pu jeter un oeil sur leurs nombreuses mais anciennes médailles, puis étudier furtivement, je l’avoue, les panneaux éducatifs, très bien faits ceci dit.

En attendant le car, les enfants ont fait une bonne partie de jeu avec les chiens de la ferme, très joueurs et habitués aux enfants.

Voilà donc le résumé de notre visite à la ferme pédagogique, très utile et intéressante, aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Je ne donnerai pas le nom car je ne recommande pas, comme vous l’avez compris, je n’ai pas du tout apprécié la relation qu’ils ont avec leurs animaux.

J’ai récemment découvert une ferme pédagogique qui à l’air plus que géniale, à la Seyssinoise, l’animal est roi! Ils n’ont pas d’élevage, ils veulent juste que les animaux vivent en liberté. Il recueillent pour une grande retraite les pauvres animaux fatigués, ou pire, martyrisés… Pour plus d’infos, rendez vous sur la page Facebook! Si vous allez sur place avant moi, dites moi ce que vous en aurez pensé!

A bientôt…

Céline

 

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