Retour dans la vie « active »

Elle est bien drôle cette phrase!

Parce que si c’est bien le terme à employer pour une reprise de travail après mes presque 9 ans à la maison en tant que maman au foyer, je n’avais pas du tout l’impression de vivre une vie inactive… Bien au contraire!

Ce qui est sûr, c’est que j’ai encore moins de temps pour moi, ce qui explique mon absence sur le blog ces derniers mois… 

La fatigue d’une mère au foyer
VS
La fatigue d’une mère qui travaille

Depuis longtemps je clame qu’une journée passée à la maison avec des enfants est bien plus fatigante qu’une journée au travail! Mais comme ça faisait un bail que je n’avais pas travaillé, les gens me faisait gentiment la réflexion « tu ne sais plus ce que c’est… » Mouais et bien vous savez quoi? Voilà un peu plus de 5 mois que j’ai repris le chemin du monde professionnel, que je quitte mon foyer chaque matin (ou presque) pour travailler en tant que logisticienne dans une grande pharmacie. Et je confirme ce que je disais, bien que mon poste ne soit pas sédentaire et « planqué » je le dis haut et fort être mère au foyer est bien plus éreintant! Maintenant, j’ai le droit hein?!

(Femme au foyer dans les années 50)

Pour tous ceux qui ont voulu me faire croire que j’étais à la maison tranquillou, vous devriez tester avant de parler! Au travail on est à 100% sur des tâches prédéfinies pendant un temps prédéfini. A la maison c’est 100% multiplié par le nombre d’enfants, 24/24 et 7/7… Et en plus il faut être multi-tâches! J’ai passé presque 9 ans à m’occuper de mes enfants, a les élever, à faire attention à mon homme et à gérer l’intendance d’une famille nombreuse. Heureusement avec un homme moderne (bien plus que certaines de mes amies qui ne comprenaient pas pourquoi il faisait la cuisine ou le ménage alors que je ne travaillais pas) Un homme formidable sans qui je n’aurai jamais réussi à tenir! (Dédicace Doudou ♥️)

(Celle des années 2000)

La charge mentale, on en parle?

Parce que mentalement c’est dure, je peux le dire maintenant, maman (et j’entends par là « maman au foyer ») c’est le plus beau métier du monde! Et le plus dur aussi! La charge mentale est terrible, et il faut aussi accepter de ne pas apporter sa contribution financière au foyer, mais croyez-moi, on le rend bien! Parce qu’à nous mère au foyer, on nous reproche tout, on ne nous pardonne rien! Que la maison ne soit pas propre et rangée au carré comme dans les photos des magazines déco! Que le linge déborde et qu’en plus on ne repasse pas! Que la pile des papiers sur le bureau s’accumule! Qu’on ne cuisine pas tous les jours ou même qu’on prenne du temps pour nous! C’est vrai qu’on est tout le temps à la maison alors pourquoi on aurait le droit d’aller se détendre?

Parfois on pourrait croire qu’on vit comme dans Desperate Housewives… oui, mais ça représente 10% de notre temps!

Parce que si vous pensez que d’être à la maison c’est de la farniente et qu’on regarde des séries à longueur de journée, hé bien désolée de vous décevoir, mais ce n’est pas la réalité! Si j’ai eu la chance de vivre c’est 9 ans quasiment sereinement c’est bien grâce à mon homme! Il a vite compris que d’être à la maison c’était un travail à 200%! Et que oui, moi aussi, j’avais le droit à de l’aide! Non, une mère au foyer n’est pas la boniche de la maison! (Bon, en vrai, je me demande si les enfants n’y croient pas un peu quand même…) 

Pas de regrets, que de bons souvenirs

Je ne regrette pas ces années à m’occuper de ma famille, à me consacrer à eux, à en faire ma priorité! Au contraire, j’ai adoré, j’ai rien raté de leur apprentissages, de leurs grandes étapes, de leurs petits bobos et de leurs petites victoires! 

Pendant mon premier congé parental, j’étais entourée de ma famille et de mes amis puisque nous n’avions pas encore déménagé sur Grenoble. J’étais bien occupée en tant que jeune maman de jumeaux! J’étais pleine de bonne volonté avec des principes et des idées que j’ai revus (souvent à la baisse) les uns après les autres et au fur et à mesure que les années ont passées! Pour mon second congé, ce fut totalement différent, je me suis retrouvée bien plus seule que ce que je ne pouvais supporter! Je me suis faite des amies ici, mais elles ne pourront jamais remplacer mes amies d’enfance, des amies que j’ai connu pour certaines en maternelle! Ma maman et ma soeur m’ont aussi terriblement manqué.

Comme je ne pouvais pas me résoudre à inscrire ma Choupette à la crèche et « l’abandonner » pour reprendre ma vie professionnelle en main, j’ai terminé mon congé en prenant soin de ma santé mentale!

En fait, le côté de ma personnalité sociable a été en manque de rencontres humaines, d’échanges et de partages entre adultes, bref en manque de relations sociales. Il fallait que je sorte de chez moi pour rencontrer du monde, parler d’autre chose que des enfants, revaloriser mon statut professionnel mis à mal par une mauvaise opinion publique des femmes au foyer.

Je sais maintenant que vous aviez tord, et je voudrais faire savoir à toutes ces mamans au foyer qui doutent de leur importance à la maison, de leur choix suite à des réflexions, comme les mères au foyer ne sont pas des mères modernes! Qu’elles ne sont pas féministes! Alors là, détrompez-vous! 

Wonderwoman n’existe pas!

Cette pression sociale sur les femmes est intenable. Non, une femme ne peut pas avoir un travail à temps plein, accompagner ses enfants comme une mère au foyer le ferait, leur préparer des petits plats bios et faits maison, pratiquer l’éducation positive, s’entretenir pour être toujours au top et rentrer dans un jean 34, tenir sa maison d’une main de maître, et continuer d’entretenir des relations familiales et amicales comme si elle avait 20 ans! Parce qu’il faudrait être wonderwoman et avec le sourire SVP! Non, tout ça n’est pas compatible, il faut faire des compromis et ne pas mettre la barre trop haute! Il ne faut pas se mettre la pression et surtout ne pas écouter les « tu devrais »! Chaque femme est différente et a ses propres souhaits et priorités!

Concilier vie perso et vie pro, les avantages

Il y a de nombreux points positifs à cette reprise de travail, je suis heureuse de sortir de chez moi, d’avoir un travail avec des responsabilités, de penser à autre chose que la maison et les enfants, d’avoir rencontré des collègues super sympas (pour la plupart), d’avoir des choses à raconter en dehors de ce que font mes enfants, de ramener moi aussi un salaire! Et même de cotiser pour une hypothétique retraite! Ahahah! Bref, ça fait du bien et pour toutes ces raisons j’arrive à me demander comment j’ai fait pour ne pas travailler pendant si longtemps! Je n’en pouvais plus! 

J’ai choisi de ne travailler « que » 28h par semaine (soit à 80%) ce qui me permets d’avoir 3 après-midi de libre en plus du week-end et de rentrer tôt à la maison les après-midi ou je bosse. Donc je suis toujours là pour faire le taxi et les emmener à leurs différentes activités extra-scolaire, assister aux compétitions et autres tournois… Quand je suis au travail, ils sont à l’école donc presque rien a changé pour eux! Ils ne vont pas plus souvent ni à la cantine ni à la garderie! On n’a pas vraiment le choix quand on n’a pas les grands-parents à proximité… 

Mais évidemment on rate des choses de leur vie

A la fois, je suis déjà nostalgique de ne plus déposer mes enfants à l’école tous les matins, de ne pas être là à chaque sortie d’école, de ne plus pouvoir accompagner en sortie scolaire, de rater de petits moments avec eux! Ils me fatiguent tant mais je les aime tellement plus que ça! Il y a ces midis ou je rentre manger à la maison pour les voir 30 min! Je sais qu’ils vont se disputer ou même que je vais devoir me fâcher pour des broutilles ou à cause de l’horloge qui tourne et de leur lenteur d’enfant, mais je ne peux pas me résoudre à rester manger à la pharmacie alors que je peux les rejoindre un moment et les déposer à l’école. Même si je sais que ce ne sera sûrement pas un moment de pur bonheur!

Mais après tout c’est quoi le bonheur?

Ce sont ces instants magiques et rares ou ce sont toutes ces choses infimes de tous les jours auxquelles on ne prête même plus attention mais qui nous rendent heureux! Vous savez quand vous les entendez éclater de rire pour des bêtises, quand vous les voyez jouer en fratrie, quand ils viennent vous réclamer un bisou ou un câlin, quand ils ont quelque chose à demander avec leur petite frimousse malicieuse… Tout ces moments auxquels on ne prête pas souvent attention mais qui font mon Bonheur! 

Ça fait bien longtemps que je ressens le bonheur au quotidien, il n’est pas tout beau tout rose, mais il est là! Une famille unie et en bonne santé, qui crie, qui pleure, qui rit et tout ça à la fois par moment! Une famille qui vit! Une famille. 

Bref, je suis heureuse car pendant un moment je disais que la seule chose qui me manquait c’était un travail! J’ai réussi à trouver un emploi intéressant et j’ai eu la chance qu’on accepte mes grosses contraintes familiales et ce à 7 min de chez moi en vélo! J’ai été très dure dans ma négociation horaire, moi qui déteste négocier! Mais il était primordial d’arriver à trouver un compromis entre vie active et vie familiale sachant que la famille serait toujours ma priorité… et bien vous savez quoi?

Qu’en dira-t-on?

Après avoir entendu pendant des années « ah tu ne travailles pas? » sur un ton condescendant… Et bien maintenant j’ai le droit à « ah tu n’es qu’à 80%? »! Vous voyez encore cette pression sociale! Vous n’êtes jamais dans le bon moule! Vous ne travaillez pas on vous le reproche, vous vous mettez à mi-temps on vous le reproche, vous travaillez à plein temps on vous le reproche aussi! Alors croyez moi, n’écoutez que vous, trouvez votre propre rythme et moquez vous bien des qu’en dira t’on?! 

Alors cap ou pas cap?

Un dernier point sur la reprise du travail après un long temps passé à la maison à s’occuper des enfants, quand j’en parle à d’autres mamans au foyer, j’entends souvent ah j’aimerai bien, mais je ne sais pas quoi faire, j’ai peur, je ne sais pas comment faire et surtout je ne sais pas si je serai encore capable de travailler! 

Ces questions je me les suis toutes posées, et vous savez quoi? Il n’y a pas d’âge pour changer de vie, pour reprendre ses études ou faire une formation! Il faut juste avoir envie et être motivé! Après un bilan de compétence réalisé dans une société privée, j’ai été suivie par une psychologue du travail absolument extra, grâce à elle, j’ai repris confiance en moi, j’ai franchi la première étape de mon nouveau parcours professionnel et ce n’est que le début… 

Alors si vous êtes dans la situation dans laquelle je me trouvais il y a peu, n’attendez pas plus longtemps, prenez votre vie en main et dessinez-là à vos couleurs!

(La vérité)

Courage et surtout, n’oubliez jamais de croire en vous!

Céline

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