Loulou part en croisière…

Tout a commencé devant un reportage sur les croisiéristes!

Mon homme me dit qu’une croisière lui plairait bien. Je rétorque que ça ne me fait pas vraiment rêver, moi qui suis quasiment née sur un voilier, et qui ai passé toute mon enfance à bord du bateau à voiles de mes parents… Les gros bateaux à moteur qui polluent, bondés de vacanciers qui jouent les touristes, très peu pour moi! Mais je lui dis pourquoi pas, ça doit être à faire une fois dans sa vie… En me disant que ce ne serait pas non plus un calvaire! 15 jours se passent et nous recevons un mail du CE avec les propositions de vacances d’été, dont une croisière d’1 semaine à bord du Costa Diadema prévue en septembre!

Et là je cogite, vite, cette année les vacances d’été de mon homme tombent en septembre! Rien que d’avoir lu « pension complète » (imaginez : pas de cuisine pendant 1 semaine!) j’ai craqué et je lui en ai parlé. Quelques jours plus tard nous étions pré-inscrits et devions attendre la réponse de la commission pour savoir si nous partirions ou pas! Sachant qu’il n’y avait que 30 places, et que les conditions d’acceptation sont assez complexes, nous n’avions aucune idée sur notre pourcentage de chances d’être accepté, alors nous avions décidé de ne pas trop y croire… Et puis, 1 mois plus tard, à notre grande surprise, un courrier nous informait que nous étions retenus!

A nous les vacances sur le Costa Diadema!

L’annonce aux enfants et leur réaction auraient dû nous mettre la puce à l’oreille quant aux événements qui ont précédés le départ… En effet, quand nous leur en avons parlé, les jumeaux se sont tout de suite rappelés du naufrage du Costa Concordia (5 ans plus tôt certes, mais qui avait fait 32 morts tout de même…) et mon fils nous avertissait déjà qu’il ne voulait pas y aller… Comme quoi les images qu’ils voient aux infos les atteignent bien plus qu’on ne le pense! Elles ne m’avaient pas paru choquantes sur le moment (sinon on ne les aurait pas laissé regarder et puis à l’époque ils n’avaient que 3 ans!).

Nous leur avons montré des photos et vidéos du navire, sur le site Costa croisières. Ce qui leur a plutôt donné envi de partir et à nous aussi d’ailleurs! Bref, après plusieurs jours à en discuter, il semblait rassuré et nous n’en avons plus parlé. Même cet été quand nous leur avons rappelé que nous partions en septembre sur le paquebot, il n’avait pas montré de signe négatif même si en y repensant bien, il n’était pas non plus hyper enthousiaste… Et puis, ils ont déjà navigué et dormi sur le bateau de mon père, un voilier de presque 10 mètres, plusieurs fois sans aucune crainte, donc pour moi n’y avait pas de soucis!

Avant de se coucher dans une cabine du voilier de mon père

En pleine leçon de navigation avec son grand-père

J – 4 avant le grand départ

Nous recevons enfin nos carnets de voyage! Il était temps! Surtout qu’il aura fallu gérer une énoooorme erreur… Je ne sais pas qui a fait la bourde (le CE ou l’agence de voyage) mais toujours est-il qu’au moment de la réservation auprès de Costa Croisières, la famille a été séparé en 2! Nous avions une cabine au pont 1 et une autre au pont 2! Et nous n’étions pas à la même table au restaurant!!!  En gros, en montant à bord nous pouvions nous souhaiter de bonnes vacances chacun de notre côté! Ils ont une drôle de vision des vacances en famille… Bref, nous avons réussi à faire un rattachement pour pouvoir manger ensemble, et à échanger la cabine du pont 1 avec une autre du pont 2; mais nos 2 cabines n’étaient pas à côté! L’agence de voyage m’avait assuré qu’à notre embarquement le personnel de bord ferait le nécessaire pour remédier à cela… Mais comme nous nous en doutions, ce ne fut pas le cas. Les jujus se sont donc retrouvés seuls dans une cabine à une cinquantaine de mètres de la notre. Heureusement tout s’est bien passé, mais cela a rajouté un facteur de stress pour Loulou… et pour moi…

Départ ou faux départ?

La veille du départ j’aurai aussi pu me dire qu’il appréhendait car il a choisi de dormir à la maison alors qu’il aurait pu dormir chez sa grand-mère! Mais comme souvent il aime bien dormir à la maison une nuit sur 2, et qu’il avait dormi la veille chez sa grand-mère, on ne s’en est pas fait! Alors quant à 5h30 je l’ai entendu pleurer dans son lit, j’ai compris qu’il y avait un problème… Il avait trop mal au ventre. OK. On fait quoi?! Je prends sa température : il a un petit 38,5. Un peu de fièvre donc, mais surtout un très gros mal de ventre! Action, réaction, je lui donne un Doliprane en me disant ça va passer.

 

Le fameux médicament magique…

Mais non, 30 min plus tard c’est pire, il est plié en 2, pleure et dit qu’il veut aller à l’hôpital! 6h J’appelle donc SOS Médecin, à 3 reprises on me dit que toutes les lignes sont occupées et qu’il faut que je renouvelle mon appel! Grrrrr                                                                                                    Il est 6h15, il a trop mal, et notre train pour Paris est à 7h40 au départ de Bourron! Panique à bord, je décide de l’emmener aux urgences en me disant que s’ils sont rapides et que ce n’est pas l’appendicite, on pourra peut-être encore partir avec le prochain train (je repense à ma soeur qui a fait l’appendicite 2 j après son arrivée en vacances, en Espagne, cet été!)… Notre TGV arrivant à Marseille 3 h avant l’embarquement, nous avions une marge de manœuvre.

      6h30 : Arrivée sur le parking de l’hôpital, il descend de voiture et se jette par terre pour vomir… OK. Là je me dis que les chances de partir s’amenuisent et j’essaie de me rappeler si j’ai coché cette put*** (pardon…) de case assurance annulation! Nous attendons après avoir brièvement expliqué notre cas (petite fièvre et gros mal de ventre avec un départ en croisière imminent). Il se tord de douleur, appelle à l’aide et au secours dans la salle d’attente! Il n’arrive même plus à marcher et à se tenir debout!

6h45 On nous envoie direct une interne qui est en train de finir sa garde et qui est littéralement claquée… Loulou se remet à vomir… Elle n’est pas chaleureuse du tout et me regarde de travers à l’idée que je puisse encore penser à emmener mon fils en voyage dans cet état! Ce que je peux comprendre… Elle l’examine et écarte vite une appendicite. Ouf! Elle me dit que ça peut-être un début de gastro (génial – annuler notre 1ère croisière pour une put*** (re-pardon!) de gastro!) ou une indigestion… Faites des grosses! Et emmenez les en vacances en plus! Tout le monde me demandait pourquoi on partait avec les enfants?! Ahahah! A ce moment là, je comprenais mieux pourquoi?! Bref, d’un coup il se sent mieux, il nous le dit, il se lève, marche et dit qu’il n’a plus trop mal?! C’est là qu’elle comprend. Elle lui demande s’il a peur de partir en croisière… Il répond oui immédiatement, il ne veut pas partir! Ahhhhhhhh!!!                     Je regarde ma montre, il est 7h, on peut encore partir! Elle décide de lui faire boire un coca et me dit que si dans 15 min il l’a gardé on pourrait partir! En comptant sur tout mon bon sens pour ne pas monter à bord si la situation venait à s’aggraver…

Boisson interdite mais médicament magique!

Nous retournons dans la salle d’attente, Loulou ne veut pas boire, il n’a pas soif! Imaginez : notre semaine de vacances repose sur ce verre de coca et Mr ne veut pas boire!  Je lui explique (en perdant légèrement mon sang froid) qu’il va avaler ce verre et plus vite qu’il n’en faut pour le lui dire, au risque d’avoir de gros ennuis! Il boit. Ouf! Puis on discute et il me dit qu’il a fait un cauchemar : on le jetait par dessus bord?! Je me demande, si une fois, je n’ai pas émis cette hypothèse au cas où il déciderait de ne pas écouter à bord du navire… (#****!!!) Il reparle avec l’infirmière qui lui explique que ça va être génial et qu’il ne faut pas qu’il s’inquiète…                                                               Il est 7h15, nous avons l’accord pour partir. Un grand MERCI à toute l’équipe de pédiatrie pour sa réactivité!                                          Nous prendrons le prochain train pour Paris au départ de Fontainebleau à 7h35, mon homme nous rejoindra avec le reste de la famille à la gare avec la voiture de Bourron qui ne nous sert, habituellement, que quand nous venons en train! Ouf!  Un grand MERCI à ma maman, qui a dû faire des allers et retours pour ramener les 2 voitures à la maison et à belle maman qui l’a accompagné…

Notre pauvre Loulou est parti avec son haricot au cas où il aurait encore envi de vomir…

Nous aurons même le TGV initialement prévu!

 Il n’était pas en grande forme mais il n’a pas revomit et je n’ai même pas eu à lui donner le spasfon que le Doc lui avait prescrit et qu’on avait acheté vite fait à la pharmacie Gare de Lyon. Arrivés à Marseille, nous avions réservé un Taxi Marseillais qu’on n’a jamais trouvé. Ah, ces Marseillais… Bon, 10 min plus tard, nous en prenions un autre et nous étions même en avance sur l’horaire d’ouverture de l’embarquement! Je n’arrivais toujours pas à y croire, après ce début de matinée 100% stress, je ne pensais plus partir! Il aura bien fallu remplir les formulaires de santé et notre grande question fut de savoir si nous devions mentionner l’état de santé de notre loulou? Risquions-nous une visite du médecin de bord pour autoriser notre fils à monter sur le paquebot? Vu que Loulou tenait toujours son haricot en carton de l’hôpital dans les mains, nous avons décidé de cocher la case vomissements… Au final, on s’est stressé pour rien car ils ne nous ont rien demandé de plus!

Embarquement imminent

Bref, à 14h nous montions à bord du Costa Diadema!

 Loulou allait mieux, il a même rapidement enfilé son maillot de bain pour goûter l’eau des piscines…

Tout semblait aller, jusqu’à ce que le bateau annonce sa sortie du port par sa sirène! La sonnerie était juste au dessus du donjon où nous nous trouvions et il est vrai que le volume sonore est très impressionnant et nous a tous surpris… Je ne vous raconte pas à quelle vitesse les 3 loulous ont descendu l’escalier en colimaçon qu’ils étaient en train de gravir… Avec leur père nous étions aux pieds des marches et ils se sont jetés dans nos bras l’air paniqué : qu’est ce qu’il se passe, qu’est ce qu’on doit faire? J’avoue m’être retenue pour ne pas partir dans un fou-rire…

Il s’est mis à flipper et voulait immédiatement retourner à la cabine, car il ne se sentait tout d’un coup pas bien. Voilà ce qui s’est répété pendant presque tout le séjour, il avait des maux de tête et ne se sentait pas bien dès qu’il entendait un bruit étrange, un mouvement du bateau inconnu, ou même les vrombissements des moteurs pendant les manœuvres au port!

Au revoir Marseille!

Il voulait rentrer à la cabine, il s’y sentait en sécurité car il y avait nos gilets de sauvetage! C’est ce qu’il nous a avoué seulement l’avant dernier jour… On lui a alors expliqué qu’il y en avait un peu partout des gilets, pas que dans nos cabines! Vous n’imaginez pas le nombre de kilomètres par jour qu’on fait à bord de ce genre de navire, alors faire un aller / retour en cabine juste pour calmer son angoisse, on évitait!

Rien ne s’est arrangé quand la sirène a commencé à retentir! La sirène pour nous rappeler l’exercice de simulation d’alerte générale. Heureusement, nous l’avions prévenu que ça aurait lieu… Et pour le coup, il était heureux d’enfiler son gilet de sauvetage et d’aller écouter attentivement ce que nous aurions à faire si jamais elle sonnait pour de bon.

Du rêve à la réalité…

Lui qui est très sociable et qui habituellement adore aller aux animations, ne voulait pas en entendre parler, c’était comme une punition pour lui!

Goûter avec le club enfant

Ca été mieux après qu’il se soit fait un copain français, jusqu’au jour où j’ai eu le malheur de lui dire qu’avec son père, on allait descendre en ville quelques heures! Le drame! On allait les laisser sur le bateau! On a réussi à négocier (je ne vous dis pas comment, c’est pas joli-joli…) et on est venu le récupérer très vite alors que ses sœurs sont restées déjeuner avec leurs copines… On a gardé notre hyper sensible, notre boulet (d’amour) avec nous!

Le club enfant

Bon, on a quand même compris qu’il se sentait mal chaque fois qu’il était l’heure d’aller au club ou d’aller se coucher… En effet, les jujus avaient leur propre cabine, ce qui leur plaisaient bien, mais Loulou avait quand même des angoisses, heureusement qu’on avait le téléphone pour communiquer! Ce qui les amusait beaucoup était de pouvoir nous appeler pour nous dire qu’ils n’arrivaient pas à s’endormir ou qu’ils ne captaient pas le wifi ou encore qu’ils ne trouvaient pas la chaîne des dessins animés en français! Normal, en français on avait que des chaînes d’info! Les dessins animés étaient en italien! Ahaha!

Il a dévalisé tous les Dolipranes de ma pharmacie, heureusement que j’avais été prévoyante, car pour obtenir du paracétamol sur le bateau, il faut avoir une ordonnance du médecin de bord : 65€ minimum la consultation aux horaires d’ouverture du cabinet! La consultation pouvant monter jusqu’à 150€ en cabine et en dehors des horaires d’ouverture du cabinet! J’avais bien tenté de refaire le plein en escale en Sardaigne, mais j’ai acheté trop vite et je me suis retrouvée avec une boite de paracétamol en suppositoire alors qu’il n’y a pas le droit (à cause de son hémophilie)! Bref, à la fin du séjour j’ai bidouillé… 1 et demi de ceux de sa petite soeur, 1/2 des nôtres…

Voilà le séjour à bord pour Loulou, si vous lui demandez s’il a passé de bonnes vacances, il vous répondra « bof », malgré toutes les photos et vidéos où vous pourrez constater qu’il en a bien profité et qu’il avait presque tout le temps la banane!

Dîner du 1er soir, il n’avait pas l’air trop mal, hein?!

La semaine suivant notre retour, il ne voulait plus repartir en croisière… Avec plus d’un mois de recul, il se dit que finalement, c’était pas si mal et que ce serait peut-être envisageable! Ahahah! Quant à moi, mes à priori se sont envolés et je repartirai volontiers! Je vous raconterai tout (ou presque) dans de prochains billets!

Céline

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